Site réservé aux personnes majeures. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Dans les chais

Le métier de tonnelier et le fût de chêne charentais

Sans fût de chêne, pas de Pineau des Charentes : l’appellation impose qu’une partie de son élevage se fasse dans des contenants en bois de chêne. Derrière ces barriques, un métier ancien et exigeant, très présent dans la région de Cognac : la tonnellerie.

Par la rédaction de La PineauthèquePublié le 3 min de lecture

Barriques de chêne alignées
Photo d’illustration.

Du chêne au merrain

Tout commence en forêt. Le tonnelier sélectionne des chênes dont le bois est fendu (et non scié) dans le sens des fibres pour obtenir des merrains, les futures douelles du fût. Le fendage préserve l’étanchéité du bois.

Ces merrains sèchent ensuite à l’air libre, souvent pendant plusieurs années. Le séchage naturel adoucit les tanins les plus durs et stabilise le bois.

Pour le cognac et le Pineau, deux origines de chêne sont traditionnellement citées : le Limousin, au grain large, réputé pour céder davantage de tanins, et la forêt de Tronçais, dans l’Allier, au grain plus fin.

L’assemblage et la chauffe

Les douelles sont dressées en cercle, maintenues par des cercles de fer, puis chauffées au-dessus d’un feu de copeaux. La chaleur assouplit le bois, ce qui permet de le cintrer pour donner au fût sa forme bombée.

Cette chauffe a aussi un effet aromatique : selon son intensité, elle développe dans le bois des notes de vanille, de pain grillé, d’épices ou de torréfaction. Le maître de chai choisit le niveau de chauffe en fonction du style recherché.

Le fût est ensuite fermé par ses fonds, cerclé définitivement, puis testé pour son étanchéité.

Le fût au service du Pineau

Dans le chai, le fût n’est pas un simple récipient. Il agit sur le Pineau de trois façons :

Les producteurs jouent avec des fûts d’âges différents. Un fût neuf marque fortement ; un fût ancien, déjà imprégné, laisse davantage s’exprimer le raisin et le cognac de mutage. C’est particulièrement vrai pour les vieux Pineaux, qui passent de longues années sous bois.

Une filière ancrée dans la région

La demande des maisons de cognac a fait de la région de Cognac et de Jarnac l’un des grands foyers de la tonnellerie française. Les producteurs de Pineau profitent de cette proximité et de ce savoir-faire, transmis d’atelier en atelier.

Neuf ou ancien : la vie d’un fût

Un fût de chêne peut servir pendant des décennies. Ses premières années, il cède beaucoup au liquide qu’il contient : tanins, arômes boisés, couleur. Puis il s’épuise progressivement et devient un contenant plus neutre, qui agit surtout par l’oxydation lente et l’évaporation.

Les producteurs de la région font souvent circuler leurs fûts entre leurs productions : un fût qui a contenu du cognac peut ensuite accueillir du Pineau. L’entretien est essentiel : un fût vide qui sèche se fend et perd son étanchéité.

Les contenants de l’élevage

L’appellation parle de « contenants en bois de chêne », sans imposer de taille unique. Barriques, fûts plus grands, foudres : chaque format a son effet. Plus le contenant est petit, plus la surface de bois au contact du liquide est grande par litre, et plus l’échange est rapide.

Tonnellerie : questions fréquentes

Pourquoi le chêne et pas un autre bois ?

Le chêne est à la fois solide, étanche, facile à cintrer et riche en composés aromatiques qui s’accordent avec les vins et les eaux-de-vie. C’est aussi le seul bois autorisé par le cahier des charges pour l’élevage du Pineau.

Le Pineau peut-il vieillir en cuve ?

En partie. Le cahier des charges impose une durée minimale dans le chêne (6, 8 ou 12 mois selon la couleur) ; le reste de l’élevage peut se faire dans d’autres contenants.

À lire aussi

Avez-vous 18 ans ou plus ?

La vente d’alcool est interdite aux mineurs. Ce site présente des boissons alcoolisées.